Ornithorynque #230

Il y avait du monde dans les rues, dimanche dernier. Je n’y étais pas. Il y en a une autre cette semaine et je n’y serai pas non plus. D’abord parce qu’on s’y pèle le jonc ces temps-ci, dans la rue, ensuite parce que j’ai mieux à faire, enfin parce que je suis bien désolé de le dire, mais je ne me passionne pas pour le sujet dont il est question, quel que soit le point de vue considéré. Je comprends qu’on se déclare pour ou contre mais je refuse qu’on me somme de choisir. A tout prendre et la tête sur le billot, je répondrais sans doute que je ne vois guère l’intérêt de refuser à des adultes consentants le droit de se marier s’ils en ont envie, et voilà tout.

Il y en a qui revendiquent le droit à la différence, je revendique de mon côté le droit à l’indifférence, privilégiant l’envie de caresser mes chats, d’embrasser celle qui compte au creux du cou et de lire mes livres, pas trop loin d’un bon café.

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Ceux qui défilent pour sauver une institution qu’ils disent traditionnelle et qu’ils voudraient immuable  m’amusent bien un peu, je dois dire ; on trouve difficilement dispositif social plus changeant que le mariage. Voilà quelques siècles, des barbons achetaient à coups de particules et de quartier de noblesse des pucelles de treize ans pour les écus de leur père, on ne divorçait pas et les Noirs n’épousaient pas les Blanches. La simple notion de mariage d’amour sonnait au mieux comme un authentique coup de pot, au pire comme un acte de rébellion qui vous menait droit au couvent. Le mariage n’a jamais été le plus intelligent et le plus libre des actes, qu’ils soient civils ou religieux.

Dans la même veine, j’avoue que je saisis mal ce que réclament les croyants – les sincères, les cinglés ne m’intéressent pas – qui défilent pour défendre un sacrement ou un rituel. Et ce n’est pas leur foi qui me pose problème, j’ai du respect pour elle : c’est que personne ne parle de toucher à un sacrement. Personne ne demandera aux religieux de changer quoi que ce soit à leurs rites. On parle là d’un contrat civil qui ne remet pas en cause l’engagement qu’ils passent devant Dieu si ça leur chante et quand ça leur chante. Personne ne viendra forcer le moindre prêtre à marier deux hommes ou deux femmes dans son église.

Je ne suis pas franchement conquis, à l’inverse, par ceux qui sont persuadés de défiler pour la modernité, les droits de l’homme, la dignité de l’être humain tout entière et les libertés individuelles, bref, le camp des gentils  modernes progressistes – qui commencent par traiter le camp d’en face de tous les noms, en ne sont pas les derniers à mélanger joyeusement tous ceux d’en face dans un même amalgame.

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Mais très sincèrement, ça ne me passionne pas. Pire, cet éternel numéro du grand combat du Bien contre le Mal où chaque « camp » se prend au sérieux sans craindre le ridicule, convaincu d’incarner le bon droit et de sauver l’humanité, ça commence à me les briser menues, comme dirait l’Oncle Fernand. Cette simplification du monde est une erreur, un piège pour la pensée, un symptôme de plus de cette incapacité croissante de chacun à tolérer que l’autre ait un avis différent du sien.

Si ces manifestations montrent une chose, c’est la tendance de l’homme à la mauvaise foi. Un exemple ? Ailleurs qu’ici, je me suis pris le bec avec une lectrice qui me reprochait de m’interroger sur le fait de voir défiler des enfants aux côtés de leurs parents, dans une manifestation en l’occurrence favorable à une évolution du mariage.  C’est un apprentissage de la démocratie, des formes que peut prendre la liberté d’expression, bref : faire défiler des gamins, même s’ils ne sont pas encore en mesure de comprendre quoi que ce soit aux enjeux du jour, c’est presque un cours d’instruction civique.

Dimanche passé, il y avait aussi des enfants qui défilaient, dans le camp hostile au nouveau mariage. J’ai vu la même lectrice s’en scandaliser : embrigadement, gonflement artificiel des chiffres, etc.

Les bras m’en sont tombés.

Si ces manifestations montrent une seconde chose, c’est aussi le goût des foules pour le concours de zizis. En témoigne cette obsession de petits comptables, tous obsédés par l’idée de savoir combien ils étaient, comme si ça démontrait quoi que ce soit. Disons qu’ils étaient beaucoup. Tout le monde était beaucoup. Peut-être même qu’ils étaient des tas de beaucoup. On ne sait pas trop. On attend l’avis de la police. Du ministère. Des médias. Des pilotes d’hélicoptères. Du voisin du dessus.

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Qu’on puisse défiler pour défendre son point de vue, encore heureux. C’est la moindre des choses.

Ce que je comprends moins, c’est en quoi ça implique de traiter automatiquement d’abruti congénital ou de salaud chimiquement pur celui qui défile en face. Moi non plus, je n’aime pas tellement qu’on me passe devant en beuglant des idioties ou des insanités. Je trouve que ça fait du bruit, que c’est déplaisant, que c’est au mieux ridicule et au pire inquiétant. Ça révèle des choses qui ne me plaisent pas forcément. Et puis j’en vois d’autres, au-delà des déments vers qui se ruent les micros et les caméras, trop heureux d’avoir un bon son, une belle image. Je vois des gens sincères et inquiets. Ils n’ont pas l’air de vouloir brûler du monde en place publique à la première occasion. Ils se posent seulement des questions.

Et quand bien même. Des gens manifestent et ne sont pas de votre avis ? C’est leur droit. Ce qu’il y a d’écrit sur certaines pancartes vous défrise, vous heurte ou vous choque ? Ce n’est pas grave. Sérieusement : ce n’est pas grave. Ils ne sont pas d’accord avec vous, voilà tout. Ils n’enfreignent dans leur immense majorité aucune loi. Ils ont autant que vous le droit de le dire. C’est important.

Laissez-les parler, tous ! Surtout si ce qu’ils ont à dire ne vous semble pas seulement erroné mais vous révolte, vous semble odieux, petit ou mesquin. Laissez-leur le droit d’avoir un autre point de vue que le vôtre et de l’exprimer, sans les traiter de vieux schnocks ou de salopards finis. C’est vrai pour une partie d’entre eux, sans aucun doute. Et alors ? Avez-vous bien observé vos propres rangs ?

Je suis le premier que ça surprend de voir des gens défiler non pour protéger un droit qu’on voudrait leur enlever, mais pour empêcher qu’on l’accorde à d’autres. Et ce n’est pas la question.

La question, c’est que ce sont des gens comme vous et moi, avec les mêmes devoirs et les mêmes droit, dont celui de l’ouvrir pour dire quelque chose. Ce qui dans onze cas sur dix implique que quelqu’un ne soit pas d’accord avec ce quelque chose.

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Le jour où la liberté d’expression consistera à ne laisser parler que ceux dont les propos ne nous choquent pas sera le jour de sa mort. Et l’agonie de la pensée, elle, commence le jour où on commence une phrase par « on ne peut pas laisser dire que… ».

Bien sûr que si, on peut. Bien sûr qu’il faut laisser dire. Laisser parler quelqu’un à la condition qu’il ait le même avis que vous est profondément rassurant sans doute, mais tout aussi profondément dangereux. C’est le meilleur des mondes qui nous attend au tournant, à ce rythme. Tout le monde d’accord, aucune déviance, de simples différences de détails, mais rien que des gens biens.

Et on tuera tous les affreux.

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27 réponses à Ornithorynque #230

  1. Myroie dit :

    Ah oui, c’est pas toujours facile de prendre parti pour l’égalité. Tout le monde n’en a pas le courage. Mais en venir à revendiquer publiquement ce manque de courage, j’avoue que c’est original.

    • Typhon dit :

      Parce que bien sûr, il ne peut y avoir que deux côtés dans un débat.
      Il est absolument impossible de choisir une troisième option, c’est parfaitement inenvisageable.

      Ce commentaire offre une belle illustration du phénomène dénoncé dans ce billet, assavoir la nullité totale des participants à ce débat.

      Typhon

  2. aymeci dit :

    moi je n’ai qu’un seul mot : BRAVO!
    lors qu’un sujet est proposé, les gens réfléchissent, en discutent si cela leur parait intéressant, manifestent s’ils considèrent que leur voix doit se faire entendre. Et ce, quel que soit le sujet. Pourquoi celui-ci serait-il différent?
    en revanche, je m’interroge beaucoup sur la violence des propos, l’absence d’écoute de l’autre que je trouve de plus en plus présente et qui m’inquiète au plus haut point!
    j’espère que cela va bientôt cesser car ça n’augure rien de bon!
    merci, encore une fois, pour ce billet si pertinent!

  3. NigloD dit :

    Je lis votre chronique et plusieurs réflexions en partie contradictoires me viennent, ainsi que cette irrépressible envie de me justifier (ah, on est bien dressés quand même…)

    Je suis d’accord avec le fond de l’article. Avec le droit de ne pas prendre parti, avec le droit de chacun à manifester, avec l’impératif qu’il y a à nuancer (les composantes d’un cortège) et à se méfier de la tentation du bien VS mal (Nietzsche… mon amour…), avec le danger de la pensée unique.

    Cependant, pour être honnête je ne résiste pas à ce flot de passions (mot qui montre bien une forme de passivité), je me laisse prendre aux vagues de débats, d’indignations, de commentaires et de réactions. J’ai conscience qu’il y a quelque chose de déraisonnable dans ces passions. Conscience qu’on ne peut pas faire l’amalgame entre les groupes politiques, religieux et les individus qui sont un peu de l’un, de l’autre ou pas vraiment. Conscience que certains sont mus par le même sentiment que moi, très exactement, même si cela les amène à défendre l’inverse.

    Cependant, je ne peux pas « m’en battre les canouilles ». Et pourtant le mariage n’est pas du tout un enjeu de ma vie, à vrai dire le concept même a très peu d’attrait pour moi. Mais il ne s’agit plus de raison. Il s’agit tout simplement de cette plaie cuisante que m’infligent nombre d’actes et de propos. Il s’agit d’une insurrection de mon corps même face à ce que je lis, ce que j’entends, ce que je vois. Et non, cela ne m’amène pas à souhaiter la limitation du droit de quiconque à s’exprimer – sauf bien sur dans les cas prévus par la loi (on ne compte plus les propos extrêmement violents tenus dans les médias et les réseaux sociaux – des deux « camps » d’ailleurs), de même que cela ne m’amène pas non plus à « inciter à la haine » envers qui que ce soit. Je crois que la question, pour moi, c’est moins le « Bien », ou le « Modernisme » que l’instinct de survie et de protection de soi et des siens.
    On peut déplorer qu’un débat d’ordre politique soit mu par des passions, et que la pensée s’éclipse, souvent. Pas tout le temps quand même car au milieu de la mêlée et de la bouillie, on trouve des réflexions intéressantes, fugaces mais présentes, sur la notion de famille, celle d’amour, celle de filiation. Ce ne sont pas toujours les plus médiatisées, mais elles sont là, dignes d’intérêt. Elles apportent avec elles leur lot de propositions concrètes et « pratiques » pour régir l’ordre de la « cité », n’est-ce pas là le principe même de la loi, du politique : un dispositif concret, et qui, s’il s’en défend parfois, est toujours orienté par des représentations beaucoup plus abstraites ?

    • Jean-Christophe dit :

      Merci beaucoup pour votre réponse, toute en mesure. Elle ne me fait pas changer d’avis, mais elle m’explique très bien le vôtre.

      (Je regrette et j’ai d’ailleurs corrigé l’expression « s’en battre les canouilles », j’ai cédé au plaisir de l’expression mais j’y ai perdu en mesure, c’est une formule trop provocante.)

      • NigloD dit :

        En même temps, je l’avais annoncé en préambule, je ne postais pas vraiment pour vous faire changer d’avis… Pour le nuancer un peu, tout au plus. Et encore. Pour expliquer, surtout, je crois, à vous comme à moi, pourquoi cela tiraille tant.
        Quant à l’expression elle m’a fait rire, même si ça ne se lit pas dans mon commentaire… Si on ne cède jamais aux joies du langage, l’intérêt d’écrire perd indéniablement en charme…

  4. Gédéon dit :

    Bravo !
    Je vais l’offrir à quelqu’un à qui je n’aurais pas pu le dire aussi bien que cela.
    Ils me font peur ces gens, ceux qui ne voudraient qu’un parti.
    On a longtemps cru que la liberté d’expression pouvait être anéantie par les précédents, mais alors là… Pourquoi ne pas museler Twitter ou autre ? Pourquoi ne pas demander aux Communistes et Front de gauche au Sénat, aux Verts de voter comme la Vieille Maison avant que celle-ci ne nous tombe sur la tête.
    la démocratie, c’est bien si tu fais comme je te dis.

  5. Philippe dit :

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire »
    Attribuée à Voltaire (mais un rapide tour sur les moteurs de recherche incite à penser que ce n’est pas du tout le cas, même si c’est plutôt en phase avec sa pensée et ses actions; cf ici ) ce respect de l’autre et de ses opinions me semble effectivement plus que jamais d’actualité.

    Sinon pour les canouilles, des oreillers en plume d’oie au lieu de portes de grange, ça serait peut-être une bonne alternative, non?

    • Philippe dit :

      Bon j’ai merdé avec les balises html… le lien est bon mais très mal placé…

    • Jean-Christophe dit :

      Il ne l’a effectivement jamais écrit aussi clairement. L’avantage des phrases apocryphes, c’est qu’elles synthétisent une pensée ; leur problème, c’est que c’est que ce n’est pas celle de l’auteur à qui on l’attribue…

      Réflexion faite, l’expression en question n’était pas la moins provocatrice, de toute façon. Je l’aime beaucoup et je m’en resservirai, avec ou sans oreillers sur les portes, mais à une autre occasion !

      • Philippe dit :

        Tu t’en es déjà servi plusieurs fois je crois dans les 229 autres ornithos… moi j’aime bien!!!

        Mais c’est vrai que là, sur un sujet qui peut susciter, parfois, quelques réactions très légèrement excessives, de la part de personnes à la sensibilité un peu trop exacerbée, un sujet donc où il faut être prudent et mesuré plus que de coutume et même presque plus que de raison, pour éviter tout risque de heurter quiconque, au lieu de parler de portes de grange tu aurais pu utiliser autre chose, je ne sais pas, moi, des portails d’église par exemple…

  6. Emmanuel dit :

    Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec cette chronique. Du moins j’aurai pu être globalement d’accord avec celle-ci, jusqu’à dimanche.

    Avant cette date, effectivement, comme JC, je ne voyais pas l’intérêt à me cailler dans un cortège à défendre un droit pour lequel je suis naturellement d’accord, non pas par conviction mais par principe : il y a une situation de fait qui existe depuis des années -des couples homos vivants « maritalement » depuis des années voire des décennies- et ils n’ont pas les mêmes droits que les autres dans la même situation (succession, impôts, etc, bref rien que du bassement matériel). Qu’ils veuillent aussi adopter ? Pourquoi pas. La situation est elle aussi bien réelle et de fait depuis des décennies.
    Au début, les « antis » disent que « un papa+une maman = un enfant » et que sans « papa » ou sans « maman » on coure le risque d’avoir des enfants non équilibrés, déstabilisés voire carrément potentielle graine de terroriste comme l’a « démontré » ce député, de surcroit psychologue pour enfants à la tribune de l’Assemblée. Quand on leurs répond qu’il existe des milliers d’enfants dans ce cas, pas seulement ceux de deux goudous inséminées, et qu’on n’a pas vu encore un déchainement de désaxés juvéniles, on nous répond, à partir d’une logique implacable, que le problème est l’égoïsme du couple homo à avoir coûte que coûte un enfant.
    L’égoïsme du méchant homo à avoir absolument le besoin de biberonner ou de torcher de la fesse à la chaine, j’avoue que l’argument me laisse pantois… Certaines propagandes photos officielles nous font même voir un enfant larmoyant, en gros plan, et cette baseline immonde : « Est-ce que des désirs d’adultes peuvent me priver d’un papa et d’une maman » . Comment faut-il alors qualifier les couples « normaux » -terme « officiel » des « antis »- qui, dans le plus pur désintérêt, s’acharnent pendant des années à obtenir sur catalogue un petit bolivien ou haïtien (« Comment ?! Un petit trisomique Biélorusse de 5ans ? Mais vous n’y pensez pas ! »), enchainent FIV sur FIV voire n’hésitent pas à payer un gouvernement (cas au Vietnam encore récemment) ? J’aimerai que les « antis » m’expliquent en quoi c’est « moins » égoïste voire carrément « normal » par rapport à la situation d’un couple homo…

    Dimanche j’ai donc compris un truc : ce n’est pas tant le droit au mariage qui prose problème. Ce n’est pas plus le droit de paternité ou de maternité qui emmerde. C’est le droit au DESIR de paternité ou de maternité de personnes qui est remis en cause, bref à l’instinct maternel/paternel. La différence est philosophiquement fondamentale. Qui sont ces gens pour DENIER le droit au DESIR de paternité/maternité, sentiment qui est indissociable du genre humain, qu’on soit hétéro ou homo ? Si on dénie ce droit humain fondamental à un groupe de personnes caractérisé par leurs appartenances sexuelles, alors on dénie AUSSI à ce même groupe, in fine, son appartenance au genre humain dans son intégralité. Un couple hétéro peut avoir le désir de paternité/maternité et le combler. Un couple homo n’a pas ce droit à le combler parce que ce désir ne peut être qu’égoïste puisqu’il ne peut pas naître en eux. Qu’ils relisent (ou lisent) « L’Amour en plus » de Badinter (merde, c’est une féministe qui en plus a pris position), ou même Darwin (re merde) sur la question.

    Je comprends qu’on puisse s’en foutre royalement du droit au mariage. Je comprends aussi qu’on soit très loin de se sentir concerné sur la question de l’adoption. Par contre, j’ai de la difficulté à comprendre comment on ne peut pas se sentir concerné voire prendre position, d’un côté comme de l’autre d’ailleurs, sur une question aussi fondamentale et même philosophique.

    Autre point de désaccord : la liberté d’expression. Je n’ai pas vu qu’un camp ou un autre ait voulu bâillonner ou interdire untel ou untel de s’exprimer. Au contraire, d’un côté comme de l’autre, on a assisté à des interventions où le terme « affligeant » est encore trop soft et qui sont passées comme des lettres à la poste sans qu’on ne demande la censure. Pèle mêle, dans le désordre, sans distinction et non exhaustif :
    - Des « pros » mariage utilisant l’axiome de base moisi « curés = pédos ». Le clergé s’insurge (à juste raison), mais n’a jamais demandé l’excommunication ou la censure.
    - Des extrémistes féministes s’exhibant à poils dans les rues en beuglant des versets anti cathos et anti hétéros : les tradis s’insurgent mais ne demandent aucune fatwa
    - Un porte-parole « anti », péroxydé jusqu’à la racine, caution morale de la lutte car homo, assimilant par deux fois, sans s’excuser après coup, la politique d’Hollande et Hollande au IIIeme Reich et à HH. La République ne l’a pas mis au banc des accusés et n’a jamais demandé à l’ORTF de censurer.
    - Plus grave à mon sens, lundi matin, à 8h00, sur une radio nationale de grande écoute (RMC. J’avoue, j’écoute RMC), unE députéE de la république, Christine Boutin, accessoirement intégriste catholique et membre de l’Opus Déi, annonce tranquillement que si le gouvernement ne renonce pas, les prochaines manifestations seront violentes. Ça n’a pas fait 2 lignes de dépêche AFP, on ne l’a pas destitué de son mandat (et croyez moi, j’aurai applaudi des 2 mains…) et elle peut continuer à brandir une bible à l’assemblée nationale.

    J’avoue que j’ai du mal à saisir le passage sur la liberté d’expression JC. Dénoncer telles ou telles positions, banderoles, affirmations n’est pas forcément un appel à la censure. Maintenant, quand ça dérape, et ça a dérapé méchamment sur Twitter et autre, il y a des lois. Balancer dans un twitt « lé paydays o buché » ou « catho=pédos », ça tombe sous le coup de la loi. Sur ce point-là, entre parenthèse, il est d’ailleurs étonnant que Twitter ou Facebook soient prompt à couper un compte illico si un nichon dépasse alors qu’en toute impunité, je peux publier tranquillement mes photos de cadavres de soldats sur mon canal d’info djihadiste….

    Bon… Je m’aperçois que la réponse est ultra longue (et je m’en excuse) et qu’elle est plus un billet qu’autre chose. Faudra quand même songer à faire un blog Manu…

  7. Marie dit :

    J’aurais pu l’écrire, ce billet. Pourtant, Dieu sait (au sens propre) si j’ai des convictions sur ce sujet, mais je commence à en avoir plus que ras la casquette qu’il envahisse tout: Facebook, Twitter, les discussions de mes amis qui, quelles que soient leur avis sur le sujet, retwittent ou partagent à l’infini les mêmes liens qui, dans la plupart des cas, ne seront lus que par ceux qui sont d’accord avec eux. Si les liens sont lus par des personnes de l’avis opposés, tout de suite, le ton monte, les noms d’oiseaux fusent, et tout n’est que paix, amour et charité. De l’autre côté, j’observe qu’il est impossible de commencer une argumentation rationnelle sans que l’interlocuteur en désaccord avec celui qui parle sorte tout de suite une insulte qui montre qu’il n’en a rien à carrer de ce que l’autre peut dire et qu’il va le ranger dans une case qui ne reflètera peut-être en rien la réalité mais qui assurera son confort mental en refusant d’envisager que l’autre puisse avoir une pensée complexe et déroutante. Ajoutons à cela le phénomène Twitter et les pensées définitives en 140 signes, Facebook où les liens se partagent à la vitesse de l’éclair, et on a l’impression de baigner dans un climat de guerre civile parfaitement réjouissant.

    Si quelqu’un peut me trouver une île déserte où le sujet est banni, c’est pas de refus.

  8. Emmanuel dit :

    @Marie. D’un autre coté, quelque soit le sujet, sur ces média sociaux, c’est la même chose. Ca s’écharpe de la même manière entre les « prolife » et les autres, entre les défenseurs des bébés phoques et ceux qui exigent la liberté de porter le vison en toute saison, entre les végétariens et les lobbys de la viande, entre les « Depardieutistes » et les « anti-Depardieutistes » etc etc.

  9. QIAH dit :

    Juste une remarque d’un lecteur d’habitude muet: si vraiment ce sujet vous indiffère, était-il nécessaire de vous fendre d’une note pour le dire?

  10. QIAH dit :

    Ce que je ressens à lire votre long (!) texte sur ce sujet qui, donc, vous indiffère, c’est qu’il vous permet à moindre frais d’occuper une petite position de supériorité en renvoyant dos à dos les militants des 2 camps. Et ça, voyez-vous, je ne trouve pas ça très glorieux.
    Maintenant, je comprendrais très bien que ma remarque vous agace, et, bien entendu, je ne vous chipote pas le droit d’écrire ce que vous voulez. Même si c’est naze.

  11. Jean Christophe Piot dit :

    Pour quelqu’un qui s’étonne de me voir perdre mon temps à commenter ce qui ne l’intéresse pas, c’est amusant de vous voir perdre le vôtre à commenter des choses nazes.

    C’est votre droit de juger que ce texte est une façon commode d’étaler une supériorité. C’est le mien de penser que ce n’est pas le cas. Et de ne pas perdre du temps à tenter de vous en convaincre. Celui-là, oui, serait perdu.

  12. QIAH dit :

    Si j’ai commenté, c’est justement parce que, d’habitude, j’apprécie vos écrits. Et que la lecture de CE texte m’a mis mal à l’aise, et il m’a fallu un peu de temps pour mettre le doigt dessus.

  13. Jean Christophe Piot dit :

    Alors peut-être le terme naze n’était-il pas le meilleur. Et peut-être les autres chroniques auraient-elles pu servir à me laisser le bénéfice du doute, question supériorité mal placée.

  14. QIAH dit :

    Oui, je vous l’accorde, le terme naze est trop fort et je m’en excuse. Mais la mauvaise impression que me laisse ce post demeure.

  15. René Friart dit :

    Beaucoup de bruit pour rien ! Ainsi aurait pu commenter cet évènement le grand Will (mais as-t-il seulement existé ? That is the question !). Tout ce déferlement de commentaires m’a laissé pantois. Je me suis dit que ce bon JCP avait ouvert une boîte de Pandore à l’insu de son plein gré. Et tout ça pour quoi ? L’évolution d’une société qui, quoiqu’il arrive se fait à petits pas (cf. les tempêtes du Pacs). « Les hommes naissent libres et égaux en droits ! » Oui, mais certains veulent être plus libres et plus égaux que d’autres ! On invective, on éructe, on s’injurie ! Au secours mânes de Montaigne et La Boétie. Rajoutez un chapitre aux « Essais » !

    • Jean Christophe Piot dit :

      Ce serait paradoxal de ma part de fermer les commentaires. Mais j’ai été surpris aussi et c’est resté dans les bornes. Sur d’autres réseaux, moins. La loi du genre. Le monde est plein de gens qui n’attendent qu’une occasion de se scandaliser de tout.

  16. tenk dit :

    Un seul mot merci merci merci merci !! Enfin quelqu’un qui exprime mon point de vue. Je ne suis pas le seul à avoir ce point de vue. encore beaucoup de justesse dans cet article… Continue(z) comme ça… (je ne prendrai pas part au débat ici…)

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